Nous coulons. Vite.
Je ne dors plus. - n'exagérons rien - ; Que trop peu
Ce sont de droles de sensations.
Je m'apprête à dormir & je cauchemarde: dans le noir, je discerne une porte, j'angoisse; Il faut que je me réveille. J'allume la lampe. Je deviens folle: je respire mal, je peine à sentir mes jambes & je me sens... ailleurs. Alors je lis, je lis encore. Je me noie dans les mots. & parfois, j'ai des excès de panique. Je bouge, me retourne. Retirez-moi de ma tête; faites sortir le monstre.
Je crois que je deviens de plus en plus cinglée. La Nourriture me rend dingue. La Nourriture, c'est le Mal. Il ne faut plus que je mange. Je me saoulerai de vide.
[...]
Je devrais accepter de vivre en compagnie de cette folie, puisque j'y suis condamnée. Autant m'y résigner. Nous vivrons bien mieux ainsi. Rien ne sert de combattre lorsque nous sommes vaincusd'avance.

